Bonjour la planète Taekwondo !

Vous savez, j’ai été combattant autrefois, puis je suis devenu plus technicien et plus passionné de la tradition « art martialiste » qui m’apporte beaucoup plus sur le plan de la quête sportive mais aussi sur le plan de la philosophie.

J’ai aussi été compétiteur, notamment en poomsé… Et lors de mes entraînements, j’ai toujours été partisan du fait que le poomsé DEVAIT s’adapter au pratiquant, pas l’inverse…

Je ne comprenais pas pourquoi, lorsque l’on m’enseignait que le pratiquant devait « vivre » son poomsé, il fallait impérativement respecter les critères techniques ou le « style » fédéral imposés.

Pour moi, ça n’avait pas de sens et ça n’a toujours pas de sens aujourd’hui.

 

Compétition poomsé : le même moule pour tous ?

Aujourd’hui retiré de la compétition, je constate encore après plusieurs années que les compétiteurs se ressemblent tou(te)s. Chaque pratiquant recherche constamment à ressembler extérieurement à l’autre, en s’oubliant soi-même. On cherche à entrer dans un moule afin de plaire davantage à des juges techniques, plutôt qu’à se dépasser soi-même et exprimer son « poomsé » aux autres.

Je comprends que, dans une compétition, il faut un cadre technique qui « encadre » la discipline sportive… Les techniques peuvent être encadrés, mais cela doit-il empêcher l’expression personnelle du pratiquant ?

Mais j’aurais préféré vivement qu’il y ait un peu plus de différences et de personnalisations entre pratiquants, notamment sur le plan de l’attitude, du rythme ou de l’expression.

Pourquoi s’obstine-t-on trop en PERMANENCE à vouloir effectuer un effectuer un yop tchagui de la mort qui monte à 20 mètres de haut ? Au point d’être peu efficace, voire ridicule, voire se déstabiliser… voire se blesser.

Si vous saviez à quel point un coup de pied niveau ceinture est beaucoup plus claquant, esthétique et efficace qu’un coup de pied niveau tête !

Et je pense personnellement (ce n’est que mon avis) que les instances fédérales y sont beaucoup pour cela : sur le plan de l’établissement des critères, mais sur le plan aussi de la communication. En effet, je constate que les fédérations cherchent souvent à mettre en avant des athlètes aux prouesses  ou capacités élogieuses. Mais qui ne peuvent pas toujours être des modèles d’inspiration pour des pratiquants débutants ou limités sur plan physique.

C’est à partir de là que commencent les problèmes : en cherchant à s’inspirer de ces « hauts niveaux », on cherche à brûler les étapes et on entre dans le moule, en copiant l’autre !

Bruce Lee n’a-t-il pas dit :

« Vous n’êtes pas l’esclave d’un style, parce que le style va se figer… Pour moi, les arts martiaux, c’est s’exprimer en toute honnêteté. »

 

Le Karaté : un modèle pour le Taekwondo ?

Au Karaté, c’est parfois plus beau à voir dans les katas lors des compétitions. Et c’est en tant que fan de Taekwondo que je dis cela.

Et je vous vois venir chers ami(e)s. Vous vous dites sûrement :

« Oui, mais si le Taekwondo doit s’inspirer du Karaté, alors là aussi on entre dans le moule, non ? ».

Quand mon titre parle de « s’inspirer du Karaté », je n’ai juste cité cet art martial comme exemple (j’aurais pu citer une autre discipline), car lorsque je regarde certaines prestations de haut niveau, je constate parfois qu’un Kata ne ressemble pas à un autre, selon l’athlète.

Certains Karatékas me donnent parfois l’impression de dégager une expression, un charisme, une volonté, une personnalité… Et donc, pas forcément chercher à ressembler à un autre Kata.

Voilà pourquoi j’ai décidé de vous partager deux petites vidéos :

  • La première issue d’une prestation lors des Championnats de Karaté JKA 2015 par Hidemoto Kurihara (Japon)
  • La seconde issue d’une prestation de l’équipe trio lors des Championnats du Monde Karaté 2012 (Toujours le Japon… Décidément 😉 )

Ces exemples sont donc là pour étayer mes propos. Voilà ce que peuvent donner des prestations de type « kata » lorsque l’on dégage un réalisme et un style unique.

Imaginez la même chose en compétition poomsé : les spectateurs s’ennuieraient moins… Et le compétiteur encore moins !

Je vous laisse « juges » (humour…) et admirez le joli spectacle. Et suite à cela, retournez voir les vidéos des derniers Championnats du Monde Poumsé. Vous vous rendrez compte de la redondance de style entre chaque compétiteur.

La question est donc posée : le poomsé du Taekwondo doit-il s’inspirer de son cousin, le Kata japonais ?

A vous de donner votre avis.